1. Libération

    Dismas et Gesmas

    La Crucifixion – Anonyme

    L’Évangile rapporte que l’un des deux malfaiteurs crucifiés avec Jésus l’injuriait:

    – « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même et nous avec ! »

    Mais l’autre, le reprenant, dit :

    – « Tu n’as donc même pas la crainte de Dieu, toi qui endures la même peine ? Pour nous, c’est justice, car nos actes méritent châtiment. Mais lui n’a rien fait de mal.

    Et il disait :

    – Jésus, souviens-toi de moi lorsque viendra le règne de ta Lumière.

    Et Jésus dit :

    – En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis. »

    Dans cette scène, le Verbe incarne la toute-puissance salvatrice, les brigands -pilleurs de l’inestimable trésor qu’est le sens de la Parole- représentent les deux visages du mental: dès l’instant où Dismas, le bon larron, réalise que le Prophète n’est pas ce corps supplicié, il est gracié soit, libéré du royaume des morts quand Gesmas, le mauvais larron (esprit grossier), s’obstine à ne voir en Jésus qu’un vulgaire magicien susceptible de le délivrer de la mort corporelle.

    En effet, la mission du Sauveur est-elle d’opérer des miracles dans la Maya (et donc de nous y maintenir captifs) ou, au contraire, de nous libérer du pouvoir de fascination qu’elle exerce sur nous ?…


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